Le divorce multiplie par quatre le risque d'accident de la
circulation, selon une étude française publiée dans le numéro de
novembre du journal spécialisé Epidemiology.
"Le
risque d'accident de la circulation est multiplié par quatre dans les
périodes de séparation ou de divorce", selon l'étude coordonnée par
Emmanuel Lagarde, de l'Inserm, menée avec l'Institut national de
recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets).
Ce
travail visait à vérifier l'existence d'un lien entre un accident de la
route et le fait d'avoir vécu un événement stressant dans l'année
précédente.
Le risque d'accident de la circulation
est multiplié par 4 dans la période qui suit une séparation ou un
divorce, alors qu'aucun autre événement de la vie ne modifie ce risque
de manière importante, selon les chercheurs. Ils affirment qu'on "peut
attribuer environ 3% des accidents aux divorces, soit chaque année 170
décès et 3.000 blessés".
L'explication principale
semble résider dans l'apparition d'un stress consécutif à la
séparation. Ce stress modifie la conduite automobile, soit en inhibant
la faculté à se conformer à une conduite sûre, soit en diminuant
l'attention du conducteur. Autre explication possible du risque accru
d'accident : la prise de produits psychotropes dans ces périodes
difficiles.
Ces résultats, s'ils restent à
approfondir par de nouvelles études, permettent déjà de mettre en garde
les personnes en cours de divorce ou de séparation sur l'augmentation
du risque d'accident quand elles prennent le volant, soulignent les
chercheurs.
En 1989, l'Inserm a mis en place un
observatoire de santé de grande ampleur en proposant à 20.000 employés
d'EDF et GDF, regroupés sous la désignation de "cohorte Gazel", de
participer à un suivi annuel de leur état de santé. Cette cohorte
permet de conduire des études épidémiologiques sur des sujets variés
allant de la ménopause aux risques de cancers.
Les
volontaires de cette cohorte remplissent chaque année un questionnaire
sur leur santé mais également sur les événements de leur vie durant les
12 derniers mois (hospitalisation, naissance, décès d'un proche,
déménagement...).